L'histoire d'une saison

Publié le 20 juillet 2014

Ça fait un petit bout que j'ai écrit, et on m'a dit que ça pourrait être bien de le faire! Alors comme je n'avais pas donné de nouvelles depuis le début de la saison, je vais faire ça (relativement) court.

LEs courses

Les deux premières courses ont été les coupes Canada de Tremblant et Baie St-Paul et se sont bien déroulées. J'ai été fidèle à ce que j'espérais sans pour autant dépasser les attentes. Au final, j'ai terminée respectivement 11e et 8e, ainsi que 3e au critérium de Baie St-Paul.

Puis le mois de juin: période pauvre en courses pour le vélo de montagne. Alors j'ai décidé de participer au Grand Prix de Charlevoix (course sur route) qui comportait 4 étapes: critérium, contre-la-montre, ascension et routier. J'y suis allé avec Catherine qui a raflé à peu près tout en remportant 3 épreuves sur 4 et qui en est sortie 1ere au général. Pour ma part, je me suis amplement satisfaite de 6e, 2e, 4e et 2e positions (dans l'ordre respectif de ce que j'ai écrit 2-3 lignes plus tôt); ce qui m'a permis de terminer tout juste derrière ma coéquipière au classement général... pouk! 1-2 les Cyclonnettes. J'avais presque l'air de savoir ce que je faisais comme j'étais munie de 4 paires de roues différentes et adaptées à chaque type d'épreuve, gracieuseté Falcon Wheels!

Un mois de juin plutot difficile

Toujours dans le même mois, il y avait ma première participation à un Mardi de Lachine. En gros, je prend mon vélo de route et mon sac à dos, je sors de chez moi et j'embarque sur la piste cyclable jusqu'au circuit à Lachine, ce qui me donne un warm-up d'une trentaine de minutes, je donne 10 bidous au messieu dans sa roulotte et je peux participer à une course de vélo...et ce à chaque mardi. Pas si pire. Bref, pour ceux qui ne connaissent pas les championnats du monde des Mardis de Lachine, c'est environ aussi big shot que les championnats du monde de la course régionale d'Alma, sauf qu'eux déploient un tapis rouge. Les filles courent avec les cadets hommes, c'est 15 tours d'un circuit de 1mile, aussi connu sous le nom de 1,61km (toujours les mêmes 4 coins d'asphalte), ça roule en moyenne à 42-43km/hr et ça dure 30-35 minutes. À chaque 5 tours, il y a un sprint intermédiaire qui permet de gagner des points qui sont cumulés tout au long de la saison. Mais contrairement à ce que je croyais à ma première participation, les sprints intermédiaires valent pour des peanuts comparativement au sprint final. J'ai donc fait 1ere et 2e aux deux seuls sprints intermédiaires (5+4 = 9pts ... jackpot.....non) et j'ai sprinté assise au final pour ramasser un gros total de zéro point (9+0 = 9pts). C'est pas grave, c'était le fun et j'avais envie d'en faire d'autre maintenant que j'avais compris comment jouer à cette course de vélo. 

On reste dans le mois de juin avec les championnats québécois à Sherbrooke. Le vendredi, il y avait les sprints, où j'ai fini bonne dernière à chacune de mes vagues, et le samedi c'était le cross-country où j'ai mis le flasher quand j'ai compris que mon enveloppe corporelle n'avait pas envie de faire une course de vélo. J'en ai profité pour appeller coach Jude et lui raconter que j'étais 5 minutes derrière le peloton après environ 1min30 de course, ce qui veut dire que je reculais vraiment sur mon vélo cette journée la. On a donc décidé de profiter de ma fatigue pour faire un peu de surcharge d'entrainement et viser les canadiens, qui étaient 4 semaines plus tard. J'ai donc pris part au contre-la-montre le lendemain même si on savait d'avance que j'allais faire patate.

Finalement, j'ai surfé sur ce niveau d'énergie, qui semblait nul, pendant 3 semaines, pour recréer une performance assez ordinaire encore à la coupe du Québec de Gatineau, même si j'ai terminé 2e. Pour être honnête, je croyais vraiment que ça allait faire l'histoire de ma saison. Deux jours plus tard, j'ai quand même pu savourer une victoire lors de mon troisième Mardi de Lachine, où j'ai pu accumuler des points (65! la fille a compris qui fallait gagner à la fin) pour remonter au classement général. L'histoire ne le dit pas, mais il manquait environ le 2/3 du peloton... Alors l'instant d'un moment (ou de 3 semaines) j'ai cru que ma saison allait se résumer à avoir gagné un Mardi de Lachine.

Puis arrive juillet et en même temps, le début des courses importantes de la saison.

Je pars pour 10 jours dans les Ontarios en vue de participer à la Coupe Canada de Sudbury et aux Championnats canadiens à Hardwood Hills avec l'équipe du Québec (gros merci pour m'avoir emmené!). Comme j'avais fait une course où j'étais à cours d'énergie la semaine précédente (Gatineau), je me suis dit que la seule chose qui pouvait arriver à Sudbury, c'était de mieux faire. Le départ se donne, et on se retrouve 8 filles en tête, avec Catherine (Fleury) qui lead juste devant... Emily Batty. On roule comme ça une bonne partie du premier tour, et là je comprend que s'en est fini avec la fatigue des trois dernières semaines, et que je peux faire une course à la hauteur de ma préparation. Au même moment où j'ai compris ça, il reste 3minutes au premier tour, toujours les 8 premières filles à la queue-leu-leu, et j'entend un bruit de crevaison. Ça n'a pas été long que j'ai compris que c'était moi. Merde. Je réussi à rouler pareil jusqu'à la zone technique où Nikita (mécano de l'équipe qc) change ma roue. Pendant, que ça se passe, je vois le peloton de tête s'échapper et les autres filles me rattraper, l'instant de 4secondes je me fache un peu, puis je me rend compte que j'étais trop bien partie pour "scraper" ma course à cause d'un flat. Finalement, j'ai rembarqué sur mon vélo et j'ai fait ma plus belle course de la saison jusqu'à maintenant pour terminer en 8e position, pas trop loin des meneuses.

Enfin, les championnats canadiens élite à Hardwood Hills.

Comme j'ai compris la semaine d'avant que j'étais en forme, je suis arrivée confiante, voulant faire encore mieux qu'à Sudbury. Le plan était de partir fort et de suivre Batty, Pendrel et Walter le plus longtemps possible pour prendre de l'avance sur le reste du peloton, ce que j'ai fait, mais seulement pendant un demi tour (on va prendre ce qu'on a!). J'ai payé par contre le tour suivant où j'avais les yeux en X_X , et où j'avais l'impression que j'avais un flat dans les jambes. Selon coach Jude, je n'avais pas une belle face. 5 tours, c'est long, on a le temps de passer par toutes sortes d'états d'âme. Mon corps me disait d'abandonner, j'avais mal partout, je faisais pleins d'erreurs techniques, il restait encore 3tours et demi, faisait chaud...Oyoye, pourquoi on fait ça. Puis à un moment donné, mon cerveau de gars a parlé à mon cerveau de fille et lui a dit d'arrêter de pleurer. Une course de vélo de montagne ça fait mal à tout le monde. Si j'étais autant morte pendant mon deuxième tour, c'est parce que j'ai voulu aller vite au premier, c'est la faute à personne d'autre que moi. Il restait encore 3 tours et demi, donc ça me laissait le temps de reprendre de l'énergie, et ça laissait le temps aux autres d'en perdre... (sans vouloir souhaiter de mauvaise course à personne, ça arrive de perdre de l'énergie au fil du temps des fois). J'ai finalement réussi à changer de face, et j'ai pu terminer en force en 7e position, entièrement satisfaite de ma performance! Je suis convaincue que je n'aurais pas pu faire mieux!

Donc maintenant je m'attaque probablement à une US cup au Vermont cette fin de semaine, à la coupe du monde au Mont Sainte-Anne dans 2 semaines, à la coupe du monde de Windham NY dans 3 semaines, et je reviens juste à temps pour les examens finaux à l'école! Tout ça, entrecoupé de Mardis de Lachine. 

Souhaitez moi bon succès!

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